En 2021, la France a vu sa dette publique grimper à des niveaux records, exacerbée par la pandémie de Covid-19 et les mesures économiques destinées à soutenir la population et les entreprises. Emmanuel Macron, réélu en 2022, a promis de maîtriser cette dette tout en poursuivant les réformes économiques et sociales nécessaires.Alors que 2025 approche, les questions se multiplient sur l’efficacité des politiques mises en place. Le montant de la dette publique sera un indicateur clé de la gestion économique du président. Les experts financiers et les citoyens attendent avec impatience de voir si les promesses de réduction de déficit et de relance économique seront tenues.
Les principales mesures ayant contribué à la dette sous Macron
La montée de la dette sous Emmanuel Macron ne s’explique pas par un hasard du calendrier. Plusieurs décisions politiques, parfois imposées par l’urgence, ont laissé une empreinte lourde sur les finances publiques. Parmi les coups d’accélérateur : la crise des Gilets jaunes. Face à la colère sociale, le gouvernement a débloqué 17 milliards d’euros pour apaiser les tensions. Un choix coûteux, mais jugé nécessaire par l’exécutif pour éviter un engrenage incontrôlable.
Autre point de bascule : la suppression de la taxe d’habitation. Cette réforme, censée redonner du pouvoir d’achat, a privé l’État d’environ 20 milliards d’euros de recettes. Le geste a été salué par de nombreux ménages, mais la facture reste salée pour le budget national.
Les chiffres qui suivent illustrent concrètement l’impact de ces décisions sur la dette :
- Gilets jaunes : 17 milliards d’euros de dépenses supplémentaires
- Suppression de la taxe d’habitation : 20 milliards d’euros
Ce cumul de mesures, additionné à d’autres dépenses liées à des réformes sociales et économiques, a creusé la dette. Fin 2024, la France affichait une dette publique de 3 305,3 milliards d’euros, selon l’Insee. Soit un bond de 1 000 milliards d’euros durant le mandat de Macron.
Dans les coulisses, l’Agence France Trésor, dirigée par Antoine Deruennes, orchestre le financement de cette montagne d’emprunts. Pour 2025, elle prévoit d’emprunter encore 300 milliards d’euros afin de couvrir les besoins de l’État. Un plan de marche indispensable pour préserver l’équilibre économique et honorer les obligations de la France sur les marchés.
Évolution de la dette publique française de 2017 à 2025
Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, la trajectoire de la dette a changé de dimension. En 2017, la France détenait déjà une dette de 2 218 milliards d’euros (source : Insee). Mais la succession de crises, des mouvements sociaux à la pandémie, a accéléré le rythme.
Le référendum sur les initiatives populaires, la suppression de la taxe d’habitation, la gestion du mouvement des Gilets jaunes… Chaque épisode a ajouté sa pierre à l’édifice. En 2019, la dette atteignait 2 380 milliards d’euros. Puis la pandémie a frappé, forçant l’État à sortir le carnet de chèques pour soutenir l’économie, les entreprises et les ménages.
| Année | Dette publique (milliards d’euros) |
|---|---|
| 2017 | 2 218 |
| 2019 | 2 380 |
| 2021 | 2 834 |
| 2024 | 3 305,3 |
La fin 2024 marque une étape symbolique, avec ce cap des 3 305,3 milliards d’euros franchi. L’Agence France Trésor, sous la houlette d’Antoine Deruennes, prévoit encore une levée de 300 milliards d’euros pour 2025. Objectif : répondre aux besoins de financement de l’État sans perdre la maîtrise de la situation.
Dans ce contexte, François Bayrou, haut-commissaire au Plan, et l’Insee scrutent les chiffres et cherchent des solutions pour éviter que la dette ne s’envole davantage. Leur mission : dénicher des pistes pour stabiliser, voire inverser la tendance.
Les prévisions économiques pour 2025
Michel Barnier, l’un des visages familiers de la scène politique, a récemment présenté le projet de loi de finances pour 2025. L’objectif affiché : combler les déficits tout en conservant une croissance économique digne de ce nom. L’Agence France Trésor table sur une nouvelle émission de 300 milliards d’euros pour assurer les besoins de l’État.
Les perspectives pour l’année 2025 s’appuient sur plusieurs scénarios :
- Une progression du PIB attendue autour de 1,5 %
- Un taux d’inflation maintenu près de 2 %
- Des taux d’intérêt qui resteraient relativement bas pour faciliter le refinancement
Antoine Deruennes et son équipe vont devoir composer avec ces hypothèses et concevoir des solutions de financement adaptées. L’objectif : éviter toute dérive qui plongerait la France dans une spirale de dettes impossible à enrayer.
Sur le terrain de la vigilance, François Bayrou et la Cour des comptes gardent l’œil sur les évolutions en cours. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a lancé plusieurs mises en garde sur la charge croissante de la dette. De son côté, Antoine Armand, député, insiste sur la nécessité d’actions structurelles pour retrouver une trajectoire plus soutenable.
Les mois qui viennent seront décisifs pour juger de la pertinence des politiques adoptées et de leur impact sur la trajectoire de la dette publique française. L’exécutif devra marcher sur une ligne de crête : rigueur d’un côté, soutien à l’économie de l’autre, alors que l’incertitude reste forte.
Les implications pour l’avenir de la France
François Villeroy de Galhau, à la tête de la Banque de France, ne cache plus ses inquiétudes : la situation budgétaire actuelle pourrait devenir intenable si le gouvernement ne prend pas rapidement le problème à bras-le-corps. Antoine Armand, député, partage ce constat et pointe la hausse continue du poids de la dette sur les finances publiques.
Dans ses rapports, la Cour des comptes prévient : à force d’accumuler les déficits, l’État risque de se priver d’une marge de manœuvre pour ses investissements futurs. Tant que les dépenses ne s’accompagnent pas de recettes à la hauteur, la menace d’un seuil d’alerte se rapproche.
| Entité | Montant de la dette | Évolution |
|---|---|---|
| Insee | 3 305,3 milliards d’euros en fin 2024 | +1 000 milliards d’euros sous Macron |
| Agence France Trésor | Prévision de 300 milliards d’euros en 2025 | Gère la dette |
| François Bayrou | 3 303 milliards d’euros au T3 2024 | Affronte la dette |
Les choix politiques d’Emmanuel Macron, notamment la suppression de la taxe d’habitation (20 milliards d’euros) et les mesures adoptées après la crise des Gilets jaunes (17 milliards d’euros), pèsent lourd dans ce bilan. Résultat : la dette publique a grossi de 1 000 milliards d’euros en 2024.
C’est désormais l’Agence France Trésor, dirigée par Antoine Deruennes, qui porte la responsabilité de piloter ces finances fragilisées. Avec une nouvelle levée de 300 milliards d’euros prévue pour 2025, l’agence tente de maintenir le cap et de contenir l’expansion de la dette. La suite ? Elle dépendra de la capacité du gouvernement à engager les réformes qui s’imposent, sans sacrifier la cohésion sociale ni la crédibilité financière du pays. L’équilibre est précaire. Ceux qui s’en souviendront demain ne seront pas seulement les économistes, mais chaque citoyen confronté au choix collectif de l’avenir.


