Le chiffre d’affaires réalisé avec Uber Eats se déclare chaque année aux impôts, en plus des déclarations faites à l’Urssaf. Pour un livreur en micro-entreprise sans versement libératoire, il se reporte dans la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, case 5KP, et l’administration n’en retient que la moitié après un abattement forfaitaire de 50 %. Avec le versement libératoire, le montant va dans la case 5TB et l’impôt est déjà réglé.
Urssaf et impôts : deux déclarations pour le même chiffre d’affaires
Un livreur Uber Eats exerce en travailleur indépendant, le plus souvent sous le régime de la micro-entreprise. Il rend donc des comptes à deux organismes, pour deux calculs différents.
L’Urssaf calcule les cotisations sociales d’après le chiffre d’affaires déclaré chaque mois ou chaque trimestre, comme le détaille cet article sur la déclaration du chiffre d’affaires à l’Urssaf. L’administration fiscale calcule l’impôt sur le revenu une fois par an, à partir de la déclaration de revenus. Le statut en lui-même est expliqué dans la page sur le statut de travailleur indépendant.
Les livreurs de plateforme relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), dans la catégorie des prestations de services. C’est cette catégorie qui fixe la case à remplir et le taux d’abattement.
Quel montant déclarer aux impôts pour Uber Eats
La base est le chiffre d’affaires encaissé sur l’année civile, avant toute déduction. Le montant viré sur le compte bancaire n’est pas le bon chiffre : la commission de la plateforme et les frais engagés (vélo, scooter, essence, téléphone) ne se retranchent pas, car l’abattement forfaitaire les remplace.
Le total reporté doit correspondre à la somme des déclarations faites à l’Urssaf sur les douze mois. Les relevés de paiement de la plateforme et vos propres factures permettent de le recouper. Les pourboires reçus par l’intermédiaire de l’application font partie des sommes perçues, comme le montre l’article sur la répartition des pourboires des livreurs Uber Eats.
Remplir la 2042-C-PRO : case 5KP et abattement de 50 %
Sans versement libératoire, le chiffre d’affaires annuel s’inscrit en case 5KP, celle des prestations de services professionnelles. L’abattement s’applique ensuite automatiquement : il suffit de reporter le chiffre d’affaires brut, sans calculer soi-même la part imposable.
L’abattement est de 50 % du chiffre d’affaires, avec un minimum de 305 € (610 € en cas de plusieurs activités). Un livreur qui a encaissé 20 000 € dans l’année est donc imposé sur 10 000 €.
Cette part imposable s’ajoute aux autres revenus du foyer, salaires ou revenus du conjoint compris, et le total passe au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Un livreur peu imposable peut ainsi payer peu ou pas d’impôt sur son activité.

Versement libératoire : ce qui change dans la déclaration
Le versement libératoire fait payer l’impôt en même temps que les cotisations, à un taux de 1,7 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services commerciales. L’option se demande à l’Urssaf, dans un délai fixé par l’administration, et elle est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous un plafond révisé régulièrement. Il faut vérifier ce plafond et ce délai sur les sites officiels avant d’opter.
La déclaration de revenus reste obligatoire. Le chiffre d’affaires se reporte alors en case 5TB, et non en 5KP, pour que l’administration l’intègre au calcul du revenu fiscal de référence sans l’imposer une seconde fois.
Le choix dépend du foyer. Pour un livreur dont le taux d’imposition au barème est nul ou très bas, le barème avec abattement coûte souvent moins cher que 1,7 % du chiffre d’affaires. Pour un livreur dans une tranche plus élevée, le taux fixe devient avantageux.
Calendrier et déclaration en ligne sur impots.gouv.fr
La déclaration de revenus se fait au printemps, pour les revenus de l’année précédente. La date limite en ligne dépend du numéro de département et se trouve sur impots.gouv.fr au moment de l’ouverture de la campagne.

Dans le parcours en ligne, la 2042-C-PRO s’ajoute depuis la rubrique des revenus et charges des professions non salariées. Les étapes sont les suivantes :
- Cocher la case qui indique des revenus d’activité non salariée, pour faire apparaître le formulaire complémentaire.
- Choisir la ligne du micro-entrepreneur, avec ou sans versement libératoire selon l’option prise à l’Urssaf.
- Reporter le chiffre d’affaires annuel dans la case correspondante, 5KP ou 5TB, puis valider.
Oublis et erreurs fréquentes, et comment les corriger
La première erreur est de déclarer le net viré par la plateforme au lieu du chiffre d’affaires. La deuxième est d’appliquer soi-même l’abattement : l’administration le fait seule, et un double abattement minore l’impôt à tort. Un montant en case 5TB sans option au versement libératoire, ou l’inverse, fausse aussi le calcul.
Un oubli ou une erreur se corrige en ligne, dans la déclaration de revenus, une fois l’avis d’impôt reçu. Un suivi régulier des recettes évite ces écarts, par exemple avec les méthodes de suivi de la facturation d’un auto-entrepreneur.
Un livreur qui a changé d’option en cours d’année ou exercé une seconde activité vérifie le minimum d’abattement applicable, car il passe de 305 € à 610 €. Un relevé annuel tenu à jour suffit à répondre à une demande de justificatif de l’administration.

