GiFi a annoncé la fermeture de 11 magasins et la suppression de 302 postes dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. En parallèle, 25 points de vente supplémentaires doivent être cédés à Grand Frais à partir de juin 2026. Ces décisions interrogent sur la santé réelle de l’enseigne de bazar discount, mais aussi sur les dynamiques d’un marché où d’autres acteurs accélèrent pendant que GiFi recule.
Fermetures GiFi et cessions à Grand Frais : les données du plan de redressement
| Mesure | Nombre de magasins concernés | Échéance |
|---|---|---|
| Fermetures définitives (PSE) | 11 | 2024-2025 |
| Cessions à Grand Frais | 25 | Juin 2026 |
| Magasins restants après restructuration | Environ 700 | – |
| Postes supprimés | 302 | 2024-2025 |
Le plan de sauvegarde de l’emploi porte sur 11 magasins fermés et 302 postes supprimés. L’objectif affiché par la direction est de préserver le reste du réseau, soit environ 700 boutiques.
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La cession de 25 magasins à Grand Frais constitue un second volet. Ces points de vente, annoncés le 15 octobre, passeront sous enseigne Grand Frais dès juin 2026. Les magasins concernés se situent principalement dans la moitié nord du pays.

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Pourquoi GiFi recule sur un marché du bazar discount en croissance
Le paradoxe mérite d’être posé clairement. GiFi ferme des magasins et réduit ses effectifs alors que le segment du bazar discount en France représente un marché évalué à 13 milliards d’euros en 2024, avec une croissance annuelle anticipée d’environ 8 % jusqu’en 2027, selon une étude Xerfi.
L’enseigne fondée à Villeneuve-sur-Lot cumule plusieurs épisodes défavorables : le rachat raté de Tati en 2017, l’impact de la pandémie de Covid sur les magasins physiques, et un changement de système informatique qui a désorganisé la gestion interne. Ces trois facteurs ont pesé sur la rentabilité et la trésorerie de l’entreprise.
Le résultat est une enseigne qui se contracte dans un marché qui, globalement, se porte bien. La difficulté de GiFi n’est pas celle du discount non alimentaire dans son ensemble. C’est celle d’un acteur historique qui n’a pas su absorber ses propres erreurs stratégiques.
Action, Le Marché aux Affaires, Bazarland : qui capte la croissance du discount non alimentaire
Pendant que GiFi restructure, d’autres enseignes de bazar discount accélèrent leur déploiement en France. La carte du secteur se redessine au profit d’acteurs plus récents ou plus agiles.
- Le Marché aux Affaires revendique 350 magasins en France et prévoit 30 ouvertures supplémentaires en 2026, selon Maison & Travaux.
- Bazarland se positionne sur un marché à 13 milliards d’euros avec 300 zones encore disponibles pour de nouvelles implantations, d’après Franchise Magazine.
- Action, d’origine néerlandaise, poursuit une expansion rapide sur le territoire français avec un modèle à prix très bas qui attire une clientèle large.
- Des plateformes en ligne comme Temu exercent une pression supplémentaire sur les prix, captant une partie des consommateurs habitués au bazar discount physique.
Le point commun de ces acteurs : ils investissent dans de nouveaux emplacements et adaptent leur offre produit aux attentes des consommateurs sur les prix. En revanche, GiFi se retrouve à défendre un parc de magasins vieillissant tout en tentant de réduire ses coûts.

Fermeture de magasins GiFi : conséquences pour les salariés et les consommateurs
Pour les 302 salariés dont le poste est supprimé, le plan de sauvegarde de l’emploi prévoit des mesures d’accompagnement. Les magasins cédés à Grand Frais impliquent un changement d’enseigne, pas nécessairement un licenciement : les salariés en place peuvent être repris par le repreneur, selon les conditions de la cession.
Pour les clients, la fermeture d’un magasin GiFi dans leur ville signifie la disparition d’un point de vente de proximité. Dans les zones concernées par une cession à Grand Frais, l’offre change radicalement : on passe du bazar discount à l’alimentaire frais. Les consommateurs qui fréquentaient GiFi pour la décoration, le petit électroménager ou les articles de saison devront se reporter sur d’autres enseignes.
Ce que la restructuration GiFi révèle sur l’avenir du discount en France
La contraction de GiFi ne traduit pas un essoufflement du discount non alimentaire. Le marché reste en expansion et attire de nouveaux entrants. Ce que cette restructuration montre, c’est qu’un réseau de magasins physiques mal piloté peut décrocher rapidement, même dans un secteur porteur.
Le rachat raté de Tati a mobilisé des ressources sans générer de valeur. Le changement de système informatique a déstabilisé l’exploitation quotidienne. La concurrence en ligne (Temu notamment) a comprimé les marges sur les produits d’entrée de gamme. Chaque facteur, pris isolément, était absorbable. Leur accumulation a fragilisé l’ensemble.
Le bazar discount français vaut 13 milliards d’euros et croît d’environ 8 % par an. Les enseignes qui gagnent des parts de marché sont celles qui ouvrent, pas celles qui ferment. GiFi tente de stabiliser son réseau autour de 700 magasins pour retrouver une base rentable. La réussite de ce plan dépendra de sa capacité à repositionner son offre face à des concurrents qui ne l’attendent pas.

